Articles sur l'industrie de la détection privée

La première détective privée du Danemark

La première femme au Danemark à diriger sa propre agence de détectives privés à Copenhague s’appelait Madame Martha Nielsen. Elle était propriétaire du « Bureau féminin privé de détectives de Copenhague » (Københavns kvindelige private Detektiv-Bureau). L’agence fut fondée le 29 octobre 1903 et était située 3, rue Bagerstræde à Copenhague de 1908 à 1918. En 1918, Madame Martha Nielsen déménagea l’agence au 20, rue Skjalm Hvidesgade, à Copenhague, où elle resta plus de 20 ans. (Source : Dansk Kriminyt n°21, décembre 1993.)

Le bureau avait le numéro de téléphone 1458, proche de celui de la police de l’époque, le 1448. Ce numéro resta le même tout au long de son existence. Grâce à de anciennes annonces publiées dans le journal « Politiken », nous avons découvert que l’agence existait encore en 1940, mais nous n’avons pas pu déterminer la date de sa fermeture.

En 1930, Martha Nielsen publia le livre « Une vie de détective privée » (« Et liv som kvindelig privatdetektiv »). Aujourd’hui encore, cet ouvrage est disponible à la salle de lecture de la Bibliothèque royale. En 2024, il a été réimprimé et republié. Lien : https://www.gucca.dk/et-liv-som-kvindelig-privatdetektiv-bog-p690343.

Voici à quoi ressemblait le logo de l’agence en 1910 :

Logo de l'agence en 1910

Article sur Allan Pinkerton, le premier détective privé d’Amérique

Allan Pinkerton (1819–1884) fonda dans les années 1850 la première agence de détectives privés des États-Unis, la « Pinkerton National Detective Agency », avant même que le pays ne dispose de son propre service de renseignement.

Cette agence, qui collaborait souvent avec la police locale, protégeait initialement les chemins de fer contre les vols de trains. Elle devint par la suite le précurseur du « Secret Service », le service de renseignement américain.

Pendant la guerre de Sécession (1861–1865), Allan Pinkerton acquit une renommée particulière. Il développa diverses techniques d’enquête encore utilisées aujourd’hui, comme le « shadowing » (filature des suspects) et le « travail sous couverture » (undercover work). Il sauva notamment le président Abraham Lincoln d’une tentative d’assassinat en l’informant d’un complot visant à l’éliminer.

En 2003, la « Pinkerton National Detective Agency » fut rachetée par Securitas et existe toujours aujourd’hui sous le nom « Pinkerton ».

À la fin du mois de juin 1884, Allan Pinkerton glissa sur un trottoir à Chicago. En tombant, il se mordit la langue, ce qui entraîna une infection. N’ayant pas consulté de médecin, cette blessure provoqua sa mort quelques semaines plus tard. Jusqu’à ses derniers jours, il travaillait à la création d’une base de données centrale répertoriant les criminels. Cette base existe encore aujourd’hui et est désormais gérée par le FBI.

Ci-dessous, le logo de la « Pinkerton National Detective Agency » :

Logo de Pinkerton National Detective Agency

L’histoire du premier bureau de détectives au monde, fondé en France

L’ancien soldat français (et ancien criminel) Eugène François Vidocq fonda en 1833 le premier bureau de détectives privés au monde, « Le Bureau des Renseignements Universels pour le commerce et l’industrie », situé au 12 rue Cloche-Percé, 75004 Paris, France.

Les missions de cette agence consistaient à protéger les commerçants contre les criminels organisés ainsi que contre les individus malhonnêtes qui achetaient à crédit sans régler leurs dettes et revendaient ensuite les marchandises sur les marchés à moitié prix.

Son expérience personnelle en tant que criminel à Arras et à Paris lui permit de comprendre les méthodes des délinquants. Vidocq embaucha d’anciens détenus comme détectives. L’État tenta à plusieurs reprises de fermer son agence, et en 1842, il fut arrêté pour avoir fait emprisonner une personne sur la base de fausses accusations dans une affaire de détournement de fonds qu’il avait résolue. Vidocq affirma qu’il s’agissait d’un complot pour le faire condamner. Condamné à 5 ans de prison et à une amende de 3 000 francs, il fut finalement acquitté en appel.

Eugène François Vidocq est reconnu pour avoir inventé :

  • la gestion documentaire,
  • la criminologie,
  • la balistique (science étudiant le mouvement des projectiles),
  • et pour avoir réalisé le premier moulage en plâtre d’une empreinte de pas.

La police française utilise encore aujourd’hui ses enseignements sur l’anthropométrie (mesure des dimensions du corps humain).

Il est également connu pour avoir consacré du temps et de l’argent à des œuvres caritatives et pour n’avoir jamais dénoncé ceux qui volaient par nécessité pour survivre.

Il participa à la création de la « police de sûreté » (police de sécurité), qui existe toujours aujourd’hui. Vidocq inventa l’industrie de l’enquête privée, inspirant d’autres à créer des agences de détectives aidant les entreprises dans les conflits sociaux et proposant des gardes armés comme milice privée pour le secteur économique.

Faits sur Eugène François Vidocq :

  • : 24 juillet 1775 (Arras, France)
  • Décédé : 11 mai 1857 (Paris, France)
  • Lieu de sépulture : Inconnu
  • Cause du décès : Choléra (maladie infectieuse intestinale pouvant provoquer, en quelques jours, des diarrhées extrêmes avec des pertes de liquide allant jusqu’à 24 litres par jour. Elle est causée par la bactérie Vibrio cholerae).